Publié le 17 Septembre 2017

Avis aux amateurs ! Mon polar fermier Il faut buter les patates vient d'être réédité par les éditions Locus Solus. Une plongée dans l'agriculture et l'agroalimentaire breton, toujours d'actualité. Hélas !

A commander chez votre libraire indépendant, ou, si vous n'en avez pas sous la main, chez l'éditeur. 

https://www.locus-solus.fr/_p/prd1/4203874311/product/il-faut-buter-les-patates

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Rédigé par Gérard Alle

Publié le 8 Août 2017

Nous n'irons plus à Varsovie

On est une vingtaine de personnes à tout casser, entassés dans le garage d’un pavillon, à Douarnenez. Les voisins sont venus avec leurs chaises, pour assister à une soirée « Cabaret du garage », comme l’a baptisé le propriétaire des lieux, Marceau Vasseur. Un vieil homme, cheveux blancs, bretelles, profil à la Hitchcock, s’installe au piano. C’est Georges, qui va jouer ses compositions de blues chopinesques.

A l’entracte, on fait connaissance. Il me dit : « L’homme a la faculté d’imaginer. Tout n’est d’abord que fiction. Un autobus, c’est d’abord une fiction, puisqu’il existe en premier lieu dans la tête de son inventeur. Pourtant, quand je vois un autobus qui fonce sur moi, je m’écarte... » Je ne sais pas encore que j’ai affaire à un scientifique spécialiste de la relativité, atteint de synesthésie, qui voit les notes en couleur. Mais l’homme m’intrigue assez pour que je décide de lui rendre visite, surtout après avoir lu ses nouvelles. J’y ai découvert un survivant de l’insurrection du ghetto de Varsovie et un ancien collaborateur d’Einstein. Et je n’étais pas au bout de mes surprises !

C’était il y a cinq ans. Nous nous voyons régulièrement depuis. Un jour, Sylvain Bouttet m’a accompagné. Avec Georges, nous avons parlé politique, histoire, littérature, peinture, femmes polonaises, dérapages contrôlés... Mitoune, sa femme, s’est mêlée à la conversation, les animaux ont commencé leur cinéma, un mécanisme aux accents théâtraux voire cinématographiques s’est mis en route, sorte de petit cirque de Calder, aux fils invisibles. Je ne sais pas ce qui a tant troublé Sylvain. Georges tremblait à peine, mais il a remarqué que son Parkinson était déjà bien avancé. La maladie qui a eu raison de son père… Sans doute s’est-il étonné aussi, comme moi, de ce huis clos agité, avec tous ces animaux que le couple a recueilli et qui sont ici chez eux. Il me dit qu’il a été travaillé par ses racines slaves, aussi, et les histoires familiales qui lui ont été transmises.

A la sortie, Sylvain est aussi convaincu que moi : « Il faut filmer. Ils ont quelque chose d’essentiel à transmettre. Une complexité de l’Histoire, la grande histoire imbriquée dans la petite, la barbarie d’hier interrogée pour traquer tout ce qui pourrait nourrir la barbarie de demain. Et tout ça, à travers des mots très forts, des histoires plutôt romanesques et des gestes très simples. Une chance rare. Une urgence, aussi. »

Notre film s'appelle Nous n'irons plus à Varsovie. La première projection aura lieu au cinéma Le Club, à Douarnenez, dans le cadre du Festival de cinéma, le 21 août, à 18 h 30.

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Rédigé par Gérard Alle

Publié le 8 Août 2017

Ils marchent sur les plages d’Italie, de Sicile en Ligurie, portant leurs lourds échafaudages de lunettes de soleil, chapeaux, bandanas, coco fraîche, livres, gadgets, entre les touristes écrasés sous un soleil de plomb, venus là pour oublier le boulot, les soucis, les infos dramatiques. Ils marchent le long des routes, un sac plastique à la main pour tout bagage. Soudanais, Erythréens, Ethiopiens, Nigérians, Afghans. Les survivants. Ils marchent jour et nuit. Ils travaillent au black dans les vergers, desquels aucun blues ne s’élève, comme jadis celui des esclaves en leurs champs de coton. Ils marchent en silence, et L’Europe détourne le regard. Parfois, certaines personnes leur ouvrent leurs portes. Des curés italiens leur offrent un plat de pâtes. Et ils repartent. Ils marchent. Ils passent devant nos portes. La plupart des gens les regardent de travers. Tous ne sont pas des anges ; tous ne sont pas travailleurs, disent-ils. Il est vrai que chez nous, tout le monde est parfait. Alors, on se méfie. Alors, on dresse des frontières. Arrêtez de marcher ! Alors, on dresse des camps de fortune, des centres de rétention, on réquisitionne des hôtels pourris, on stocke de la chair humaine dans la boue, on mobilise des travailleurs sociaux pour appliquer les directives. On multiplie les humiliations, les démarches administratives. On essaie de dégoûter les militants. Les autorités ne le cachent pas : en multipliant les obstacles, ils pensent dissuader les candidats à l’émigration de venir chez nous, et épuiser les militants qui tentent de leur porter secours.

Il n’y a rien de plus absurde. Le flux n’est pas prêt de se tarir. Aucune frontière ne sera capable de l’endiguer. Aucune. Aucune mesure discriminatoire. Aucun barbelé. Dans les pays de départ, aujourd’hui, chaque candidat mesure bien le risque, celui du voyage, celui de la mort. C’est à dire le risque maximum. Et celui-là n’est même pas dissuasif. Même si vous continuez à les noyer, il en viendra toujours. Ils marchent. Ils marcheront sur l’eau, s’il le faut.

 

Tant que les guerres

Tant que l’injustice

Tant que la misère

Ils marcheront 

 

Il n’y a pas d’autre solution que d’accueillir le mieux possible et en même temps de lutter contre les guerres, l’injustice, la misère. Sinon, on ne fera que fabriquer d’autres guerres, d’autres injustices, d’autres misères.

Les décideurs le savent. Il est temps qu’ils le disent et prennent des mesures en conséquence. Pour commencer, il est urgent de priver les préfets de ce droit d’humilier et de maltraiter qu’ils se sont octroyé, eux qui expulsent de façon arbitraire et inhumaine. Parce qu’au bout de la longue marche, il y a le préfet.

Préfet, je ne t’ai rien demandé ! Tu n’es même pas un élu du peuple. Tu n’es que l’employé des citoyens de ce pays, et nous ne te payons pas pour que tu te conduises comme le faisaient certains de tes collègues, sous Vichy ! Représentant de l’Etat… Mais peut-on attendre de l’Etat qu’il porte des valeurs qui sont la base même de notre humanité ? Non.

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Rédigé par Gérard Alle

Publié le 2 Mai 2017

A tous les amateurs de roulette russe électorale : arrêtez vos conneries ! Réveillez-vous ! Ce qui se passe n'est pas virtuel mais réel. Envoyez chier Facebook et les poisons qui s'y distillent. C'était au premier tour, qu'il fallait voter d'après ses convictions. Maintenant, il faut empêcher le FN d'accéder au pouvoir suprême. Point barre !

 

Un délire haineux et paranoïaque émerge de partout, en réponse à ceux qui tentent de décrire cette réalité. Est-ce la preuve qu'une partie des électeurs mélenchonnistes souffrent eux aussi de la croyance en l'homme providentiel et que leur champion éliminé, ils sont prêts à s'immoler par le feu ? S'agit-il d'un symptôme inévitable, dans un pays pris depuis trop longtemps dans les rets d'un système présidentiel anti-démocratique ? La situation est pourtant simple : voulez-vous ou ne voulez-vous pas de Le Pen à la présidence ? Si un type vous vise avec un fusil, en toute circonstance, il est inutile de cacher sa tête dans un tas de sable.

 

Certains électeurs disent : si Le Pen est élue, elle n’aura aucun pouvoir.

 

Comment peut-on encore croire qu'on vit dans une véritable démocratie et que le président n'aurait aucun pouvoir. Rappel : en France, le Président de la République est le chef des armées et détient le pouvoir d'appuyer sur le bouton de l'arme nucléaire. Il est prédominant en matière de politique étrangère. Il a le pouvoir de nommer les chefs des grands corps d’Etat. Il n’avait fallu que quelques semaines à la gauche, en 1981, pour remplacer les chefs de la police et les préfets. Je vous rappelle aussi qu'on est sous état d'urgence, ce qui permet tous les excès policiers et limite le rôle de la justice. Quant au vote blanc, à quoi sert-il ? A dire que Macron et Le Pen c'est bonnet blanc et blanc bonnet ? A bouder. A montrer sa mauvaise humeur ? Le Pen n’en a rien à foutre, de votre sentiment d’humiliation.

 

Si l’on veut pouvoir continuer à se battre contre le système, y compris dans la rue, ce n’est pas sous une présidence FN qu’on pourra le faire. En revanche, il sera possible de contester le système Macron. La démocratie est un combat de tous les jours. La première étape consiste à éliminer Le Pen. Ensuite, il faudra lutter, encore et toujours, pour un monde meilleur. Aucun héros ne nous l’offrira sur un plateau.

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Rédigé par Gérard Alle

Publié le 16 Avril 2017

Piégé par des médias qui le gavent de pronostics douteux et lui vendent de la peur, l’électeur est une fois de plus tenté de voter en fonction des sondages. De voter utile, c’est à dire de ne pas voter en fonction de ses convictions, mais en fonction de ces oracles des temps modernes qui ne valent pas mieux, parfois, que le marc de café. Or, si l’on peut comprendre que ceux et celles qui ont fait de la politique leur métier cherchent à prévoir plusieurs coups à l’avance, afin de préserver leur pouvoir ou de le conquérir, le citoyen a  bien tort de se croire capable de peser sur le résultat final en jouant au billard à trois bandes. Sa voix pèse bien plus, lorsqu’elle reflète ses convictions et contribue à établir des rapports de force. L’exemple le plus criant de manipulation est ce mot d’ordre, lancé par nos politiciens « de gauche » depuis des décennies : votez pour faire barrage au Front National. Le seul vrai barrage est celui des convictions, des valeurs, des idées et de l’action. Et c’est bien le mensonge, la trahison, la corruption et l’abandon des classes populaires par ces mêmes élus qui ont fait monter le FN. La croyance aux oracles et le billard à trois bandes n’ont rien empêché.

 

Ne tombez plus dans le panneau.

 

Votez blanc, si aucun des candidats ne vous semble capable de défendre vos convictions.

Sinon,

Votez Hamon, si vous croyez à la reconstruction d’un parti de gouvernement autour de valeurs de gauche, de progrès social, capable un jour de changer l’Europe de l’intérieur, si vous croyez au revenu universel et que vous ne craignez pas la bombe atomique et la dissuasion nucléaire, car lui, il est pour.

Votez Mélenchon, si vous croyez qu’il peut renverser la table, faire payer les riches, soulager les pauvres, et pousser l’Europe à l’harmonisation sociale, au risque de la quitter si elle ne veut pas changer, si vous êtes contre les langues régionales, si l’idée d’une république cocardière qui fricote avec Poutine ne vous gêne pas, ou si vous pensez qu’on peut aussi changer Mélenchon. 

Votez Poutou, si vous êtes contre la dissuasion nucléaire et le nucléaire civil, contre le nationalisme, pour l’autorisation du voile à l’école, pour le désarmement de la police, pour la démocratie directe, pour l’ouverture des frontières, pour les langues régionales, et si la révolution, les trotskistes et la baston ne vous font pas peur.

Votez Macron, si vous êtes pour que le système se perpétue et se modernise, dans un sens encore plus libéral, mais internationaliste, plus ouvert, et si vous n’avez pas peur que dans ce cas les inégalités se creusent, le marché du travail s’ubérise, ou si c’est le cadet de vos soucis.  

 

Pour en savoir plus, lisez les programmes et, de grâce, votez en fonction de vos convictions, pas en fonction des oracles, provenant des médias ou péchés sur internet.

Au deuxième tour, il sera temps, comme d’hab, d’éliminer celui ou celle qui vous conviendra le moins. D’ailleurs rien ne dit que les favoris des sondages seront au rendez-vous…

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Rédigé par Gérard Alle

Publié le 11 Janvier 2017

Lettre ouverte à M. Philippe Paul, sénateur-maire de Douarnenez

 

Atteinte à la liberté d’expression

 

La presse s’est récemment faite l’écho de l’annulation, à votre initiative personnelle, d’un spectacle prévu dans le cadre des dix ans de la médiathèque Georges Perros.

Sanctionner Ronan Le Fur et sa compagnie Gigot Bitume en les privant d’un contrat de travail sous prétexte que M. Le Fur se serait opposé, au nom d’un collectif de 800 personnes, à l’un de vos projets (en l’occurrence la vente du bâtiment Supergel à un privé), nous inquiète beaucoup. Et le fait que l’on soit d’accord ou pas avec les propos tenus par M. Le Fur n’a rien à voir là-dedans.

Que quelqu’un reçoive des aides ou soit rémunéré par une commune n’implique en rien qu’il doive être parfaitement en accord avec la ligne politique ou les décisions du maire de ladite commune. Seule l’annulation d’un évènement tombant sous le coup de la loi (propos racistes, dangerosité, etc.) pourrait s’avérer légitime.

A Douarnenez, pour recevoir une subvention ou pour voir un contrat honoré par la mairie, les acteurs locaux, qu’ils soient entrepreneurs, prestataires ou artistes, devront-ils désormais s’abstenir d’exprimer la moindre opinion, sous prétexte qu’elle pourrait contrarier M le Maire ?

Le respect de l’indépendance et de la liberté d’expression de chacun nous semble être une valeur fondamentale en démocratie. D’autre part, la politique municipale concerne tous les citoyens de Douarnenez et ne saurait être conduite de façon autoritaire, ou s’exercer sous la menace.

Des pratiques d’un autre temps – consistant pour certains élus à décider de l’intérêt de telle ou telle œuvre ou manifestation – reviennent à la mode ici et là. Nous sommes persuadés que vous saurez éviter une telle dérive. Mais sachez que nous, citoyens, acteurs locaux, associations et membres d’associations de Douarnenez, sommes décidés à continuer à nous exprimer, en fonction de nos convictions, lorsque cela nous semble nécessaire. Et que nous serons extrêmement vigilants au respect de cette liberté.

(1) Propos tenus par le maire à Ronan Le Fur

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Rédigé par Gérard Alle

Publié le 7 Janvier 2017

BRRESSSTTT !!!

Le tissu urbain tout neuf ne voulait pas céder

Mais ça déchire

D’un cri

Le bout du bout du bout de la nuit

Sous l’habit de lumière qui cache tes frusques de clodo

Rue Saint Malo

 

Tombé des nues

Tu croyais Brest table rase

Tu découvres Brest palimpseste

Qui tire qui tire sous la rue

Comme un clou dans ta veste qui craque sous le poids

On voit tes nippes alors tu bois !

 

Viens ! Allez ! Viens ! On s’tire  

Avant que tu coules à pic

 

A peine jeté sur le quai

J’éternue

BRRESSSTTT !!!

Putain ! J’ai dû m’enrhumer

BRRESSSTTT !!!

Encore !

BRRESSSTTT !!!

 

Goutte au nez sous le pif du Finistère

 

Tu sais comment on dit Brest en langue des signes ?

On allonge les doigts jusqu’au Conquet pour détacher le chewing-gum de morve

Qui colle à la péninsule

 

Hé ! Pochetron ! Surveille ton langage

C’est pas la faute à Brest si t’es crevard !

 

BRRESSSTTT !!!

Aux angles tranchants

Un vent fou étouffe ces derniers mots mouillés

Au fond de nos gosiers de naufragés :

 

Tu crois que le soleil va pas s’lever ?

T’inquiète

Nous voilà juste noyés

A moitié

 

On est

En rade

D’amour

 

Livre d'artiste signé Gérard Alle et André Jolivet, éditions Voltije, pour sa série consacrée à Brest, dans le cadre de sa collection "Le monde des villes"

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Rédigé par Gérard Alle

Publié le 6 Janvier 2017

Mon lapin bleu, ainsi que mon dernier film, Al lapin a c'haloup bepred (Le lapin bleu court toujours) sont à présent accessibles sur KuB, et pour 6 mois, avec plein de petits bonus (émission sur France-Inter, film de Mat Jacob, génèse de l'aventure...) Le lien :

http://kubweb.media/project/mon-lapin-bleu-gerard-alle/

 

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Rédigé par Gérard Alle