Quand l’électeur se prend pour un stratège

Publié le 16 Avril 2017

Piégé par des médias qui le gavent de pronostics douteux et lui vendent de la peur, l’électeur est une fois de plus tenté de voter en fonction des sondages. De voter utile, c’est à dire de ne pas voter en fonction de ses convictions, mais en fonction de ces oracles des temps modernes qui ne valent pas mieux, parfois, que le marc de café. Or, si l’on peut comprendre que ceux et celles qui ont fait de la politique leur métier cherchent à prévoir plusieurs coups à l’avance, afin de préserver leur pouvoir ou de le conquérir, le citoyen a  bien tort de se croire capable de peser sur le résultat final en jouant au billard à trois bandes. Sa voix pèse bien plus, lorsqu’elle reflète ses convictions et contribue à établir des rapports de force. L’exemple le plus criant de manipulation est ce mot d’ordre, lancé par nos politiciens « de gauche » depuis des décennies : votez pour faire barrage au Front National. Le seul vrai barrage est celui des convictions, des valeurs, des idées et de l’action. Et c’est bien le mensonge, la trahison, la corruption et l’abandon des classes populaires par ces mêmes élus qui ont fait monter le FN. La croyance aux oracles et le billard à trois bandes n’ont rien empêché.

 

Ne tombez plus dans le panneau.

 

Votez blanc, si aucun des candidats ne vous semble capable de défendre vos convictions.

Sinon,

Votez Hamon, si vous croyez à la reconstruction d’un parti de gouvernement autour de valeurs de gauche, de progrès social, capable un jour de changer l’Europe de l’intérieur, si vous croyez au revenu universel et que vous ne craignez pas la bombe atomique et la dissuasion nucléaire, car lui, il est pour.

Votez Mélenchon, si vous croyez qu’il peut renverser la table, faire payer les riches, soulager les pauvres, et pousser l’Europe à l’harmonisation sociale, au risque de la quitter si elle ne veut pas changer, si vous êtes contre les langues régionales, si l’idée d’une république cocardière qui fricote avec Poutine ne vous gêne pas, ou si vous pensez qu’on peut aussi changer Mélenchon. 

Votez Poutou, si vous êtes contre la dissuasion nucléaire et le nucléaire civil, contre le nationalisme, pour l’autorisation du voile à l’école, pour le désarmement de la police, pour la démocratie directe, pour l’ouverture des frontières, pour les langues régionales, et si la révolution, les trotskistes et la baston ne vous font pas peur.

Votez Macron, si vous êtes pour que le système se perpétue et se modernise, dans un sens encore plus libéral, mais internationaliste, plus ouvert, et si vous n’avez pas peur que dans ce cas les inégalités se creusent, le marché du travail s’ubérise, ou si c’est le cadet de vos soucis.  

 

Pour en savoir plus, lisez les programmes et, de grâce, votez en fonction de vos convictions, pas en fonction des oracles, provenant des médias ou péchés sur internet.

Au deuxième tour, il sera temps, comme d’hab, d’éliminer celui ou celle qui vous conviendra le moins. D’ailleurs rien ne dit que les favoris des sondages seront au rendez-vous…

Rédigé par Gérard Alle

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